Luisant

Share Button
IMGP5843

On sait peu de choses sur l’église de Luisant, les archives communales ayant été détruites pendant la seconde guerre mondiale. Un édifice religieux existait au XIVème siècle, les noms de plusieurs curés de cette paroisse étant mentionnés dans divers ouvrages. Il fut détruit, comme beaucoup d’autres en mars 1568 lorsque les mercenaires de l’armée huguenote durent lever le siège de la ville de Chartres, pour cause de trêve, alors qu’ils étaient sur le point d’y entrer par une brèche faite près de la porte Drouaise, puis à nouveau en 1589 lors du second siège de Chartres (par Henri IV).

L’édifice actuel date donc principalement du XVIème siècle. Sans transept, il se compose d’une nef unique prolongée par un chœur légèrement plus étroit. Le clocher étant construit sur le chœur, on peut supposer que l’église précédente se composait de ce seul chœur et que la nef actuelle fut une adjonction ultérieure. Toutes les fenêtres sont en ogives et de dimensions semblables. Elles sont garnies de vitraux provenant tous des ateliers Lorin de Chartres. Les trois vitraux du chœur ont été donnés par le colonel Chavaudret dont une rue de Luisant porte le nom et datent des années 1877-1881. Ils représentent la Vierge (dans une tentative maladroite d’imiter Notre-Dame de la Belle-Verrière de la cathédrale), sainte Agathe (le prénom de l’épouse du colonel) et saint Pierre. Ceux de la nef datent de 1929 à 1933 ; plusieurs d’entre eux ont été dessinés par Gabriel Loire, maître verrier chartrain qui, avant la seconde guerre mondiale, travaillait pour les ateliers Lorin.

Toute la voûte, restaurée en 1997, est recouverte de bardeaux de bois. On peut y voir dans le chœur quelques décorations qui ont subsisté de l’ancienne voûte. Un dessin datant de 1749 et représentant saint Laumer, le saint dédicataire de l’église, a été placé à l’entrée de la nef sur la partie gauche de la voûte. La cloche, baptisée « Louise Gabrielle », date de 1601.

IMGP5767

 

 

Horaire des messes

Saint Laumer

Laumer naquit vers 516 à Neuville-la-Mare, hameau de Gironville, petit village du diocèse de Chartres. Très jeune, il pratiquait les vertus chrétiennes par le jeûne et la prière et employait à l’étude le temps libre qui lui restait. Un prêtre de Chartres lui donna des leçons pendant plusieurs années et lorsque l’évêque de Chartres eut connu son mérite et sa vertu il l’a élevé malgré lui au sacerdoce, le fit chanoine de sa cathédrale et ensuite économe du chapitre. Mais, souhaitant vivre dans la solitude, Laumer chercha refuge dans une région boisée du Perche. Doué du don de prophétie, il aurait accompli de nombreux miracles. Des disciples se joignirent à lui. Ils fondèrent en 563 l’abbaye de Corbion (aujourd’hui Moustier-au-Perche). Laumer mourut en 594 et son corps fit l’objet d’une dispute entre les religieux de Saint-Martin-au-Val où il avait été enterré aux côtés de saint Lubin et ceux de Moustier-au-Perche.

Pour recueillir à Blois la dépouille de Laumer qui y avait été apportée, les moines de Corbion fondè-rent en 874 l’abbaye bénédictine de Saint-Lomer (aujourd’hui église saint Nicolas). Étant initialement rattachée au diocèse de Chartres, la congrégation possédait des terres à Luisant et y avait installé un prieuré. Sans doute est-ce la chapelle de ce prieuré qui devint l’église de la commune vers le 12ème ou le 13ème siècle et qui prit tout naturellement le nom de l’abbaye blésoise dont elle dépendait.

Une statue de saint Laumer se trouve, à la cathédrale de Chartres, à l’avant gauche du portail de droite du porche sud, dit « Portail des Confesseurs ». Une partie de son crâne et un bras se trouve-raient dans un reliquaire du Trésor de la cathédrale de Clermont-Ferrand.