Message de Monseigneur Christory (samedi 4 Avril)

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Chers amis et diocésains d’Eure et Loir,

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En lisant ce samedi de carême l’évangile selon Saint Jean, nous comprenons combien le sort en est jeté pour Jésus, le complot est en place et il n’est plus question de justice mais d’exécution. Caïphe qui appartient au Conseil Suprême dit clairement sa pensée : « Vous n’y comprenez rien, vous ne voyez pas quel est votre intérêt : il vaut mieux qu’un seul homme meure pour le peuple, et que l’ensemble de la nation ne périsse pas. Ce qu’il disait là ne venait pas de lui-même ;mais, étant grand prêtre cette année-là, il prophétisa que Jésus allait mourir pour la nation ; et ce n’était pas seulement pour la nation, c’était afin de rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés. » (Jn 11, 49-50) C’est le drame terrible qui s’organise contre Jésus et qui le conduit à sa passion et sa mort. Mais le cœur de ce passage johannique est l’affirmation de l’unité, du besoin de rassembler les enfants de Dieu dispersés. A cette époque, beaucoup de juifs forment la diaspora qui s’est disséminée dans tout l’empire romain, depuis l’exil à Babylone quelques 600 années plus tôt. C’est une vraie dispersion avec toujours le rêve de revenir à Jérusalem en pèlerinage, voire y mourir. Mais la dispersion est aussi autre : celle due aux opposions théologiques et aux péchés des hommes. Pour la première, les courants de pensée ne manquent pas et on verra comment saint Paul lui-même en usera pour opposer pharisiens et sadducéens sur la question de la résurrection. (Act 23, 6-8) Il demeure aussi le schisme entre les juifs et les samaritains qui a créé deux clans farouchement opposés. Et il y a enfin ce péché qui divise notre coeur, notre vie intérieure, nos relations humaines, notre société. Le diable est un diviseur et un séparateur. La tentation vise toujours à nous désolidariser les uns des autres en nous attirant par diverses formes de séduction – même se mettre en colère peut nous sembler désirable pour imposer notre ego ! – et nous faire chuter, ce qui a comme conséquence de nous rendre finalement blessé et triste, isolé et seul.

Quelle lutte et quel chemin pour retrouver l’unité !  C’est un combat à la hauteur de notre vocation de baptisé. Le Christ prie le Père pour que nous soyons UN (Jn 17). Tout le plan du Salut que bâtit Jésus vise à nous tirer loin de ce péché car celui-ci conduit à la mort, et à nous ramener dans l’unique bercail, son Eglise à la fois terrestre où elle doit se purifier mais où elle goûte déjà des joies du Royaume et encore céleste où la Gloire divine devient la vie de ceux et celles qui sont mort physiquement et sont vivants en Dieu. Savez vous ce que sera le Ciel ? Quel mystère tout de même ! Mais si nous lisons l’Apocalypse de saint Jean, nous trouvons quelques belles visions : « Après cela, j’ai vu : et voici une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, tribus, peuples et langues. Ils se tenaient debout devant le Trône et devant l’Agneau, vêtus de robes blanches, avec des palmes à la main. Et ils s’écriaient d’une voix forte : « Le salut appartient à notre Dieu qui siège sur le Trône et à l’Agneau ! » Et ils disaient : « Amen ! Louange, gloire, sagesse et action de grâce, honneur, puissance et force à notre Dieu, pour les siècles des siècles ! Amen ! » (Ap 7, 9-10.12) Ce qui est affirmé ici est l’unité. De partout, de toutes les nations, les fidèles seront unis puisque tous auront revêtu le vêtement des noces, ce qui veut dire l’Amour divin, la Charité de Dieu, sa Miséricorde : « la mort ne sera plus, et il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur » (Ap 21, 4).  Le Seigneur l’affirme « Voici que je fais toutes choses nouvelles. » (Ap 21, 5). Ce qui sera nouveau, c’est l’unité parfaite de l’Eglise unie dans un même amour et une même louange à notre Dieu.

Peut-on construire l’unité ici dès maintenant ? Les nouvelles du 20 heures semblent contredire cet espoir. Mais nous, chrétiens, portons en nous une forme d’utopie, car l’Esprit Saint nous dit d’espérer au delà de toute espérance. Aussi, nous cherchons cette unité déjà au sein de l’Eglise, et c’est le chemin irréversible de l’œcuménisme tellement encouragé par le Concile Vatican II que nous devons tous entreprendre. Le pape Saint Jean-Paul II dit que l’engagement œcuménique est « un impératif de la conscience chrétienne éclairée par la foi et guidée par la charité » (Ut Unum Sint 8). Certes, il n’est pas facile d’en être acteur, soit parce que nous ne connaissons pas vraiment de personnes protestantes ou orthodoxes, ou parce que nous avons encore l’idée d’une unité uniforme ! Le pape François dit clairement ce risque à Cuba : « Il est fréquent de confondre l’unité avec l’uniformité, avec le fait que tous font, sentent et disent la même chose. Cela n’est pas l’unité, c’est l’homogénéité. C’est tuer la vie de l’Esprit, c’est tuer les charismes qu’il a distribués pour le bien de son peuple. L’unité se trouve menacée chaque fois que nous voulons faire les autres à notre image et ressemblance. C’est pourquoi l’unité est un don » (Homélie 20/09/2015). Aussi l’unité que nous recherchons se vivra dans la diversité des rites et des cultures. Le coeur en est la personne de Jésus-Christ et son Evangile, assurément pas telle mode de vie ecclésiale figé car le Saint Esprit nous a conduit là au cours des siècles et qu’aujourd’hui nous nous reconnaissons comme des frères et des soeurs en Christ. Le chemin de cette unité sera encore long mais l’étape première, nécessaire et possible, est la prière, non seulement durant la semaine pour l’unité des chrétiens qui se situe en janvier, mais au long de l’année. Une autre étape consiste à découvrir la richesse cultuelle des églises notamment d’Orient; la guerre en Syrie et en Irak a été l’occasion dramatique de nous intéresser à leur sort, mais nous pouvons lire et prier pour ces chrétiens courageux dont les racines remontent aux apôtres. Le Concile dit encore « il est juste et salutaire de reconnaitre les richesses du Christ et les effets de sa puissance dans la vie d’autres qui portent témoignage du Christ, parfois jusqu’à l’effusion du sang; car Dieu est toujours admirable et il doit être admiré dans ses oeuvres » (CVII, décret sur l’unité 4). A Chartres, nous avons la joie d’avoir une chapelle absidiale nommée chapelle oecuménique présentant une belle icône orthodoxe, une grande Bible, une croix copte, et actuellement la relique du Voile de Marie. C’est un lieu précieux pour demander, par l’intercession de la Vierge Marie, cette unité.

Voici donc une transition pour évoquer celle que l’Eglise reconnait comme Mère de Dieu, car elle enfante bien celui qui est Dieu fait homme, et comme Mère de l’Eglise (titre confirmé par saint Paul VI) ce qui veut dire Mère de tous les croyants, i.c. nos frères évangéliques et protestants qui souvent la laissent un peu dans l’ombre. Or Marie est profondément évangélique et par sa fidélité à son fils, par son obéissance à l’ange, par ses paroles précieuses et engageantes, par sa présence au pied de la Croix, par l’effusion de l’Esprit qu’elle vit au Cénacle lors de la Pentecôte, Marie est bien disciple plus encore que Mère. Or le rôle d’une mère au sein d’une famille n’est-elle pas d’accueillir, quoi qu’il se passe, l’ensemble de la fratrie, de la nourrir, de la consoler et d’en prendre soin ? Si le père ajoute ses talents à ces tâches, nous voyons combien la femme adoucit les moeurs et promeut la paix. Aussi nous prions Marie pour que tous soient UN. En confiant son jeune disciple Jean à sa mère lors de sa crucifixion, Jésus nous confiait tous à elle. Marie, quand nous nous réfugions sous son voile de tendresse, attire sur nous l’Esprit, elle qui est comme la demeure de l’Esprit continue du haut du Ciel à enfanter des enfants à Dieu Père pour la Gloire de son Nom et l’Eglise, corps du Christ. Marie oriente vers le bien celui ou celle qui lui fait confiance dans sa consécration baptismale. Et ce bien ne peut être éloigné de l’unité entre tous.

En ce temps de confinement, nous persévérons à prier la Vierge, avec le chapelet et l’Angelus. L’avez-vous redécouvert ? Le priez-vous chaque jour trois fois, pour marquer le temps, quand sonnent les cloches ? L’Angelus rappelle l’incarnation, la venue du Verbe divin en Marie, la naissance de Jésus, sa présence parmi nous, la proximité de Dieu. Là est déjà l’expression de la Miséricorde divine, Dieu qui se penche sur nos êtres et désire notre unité en vue de notre joie. Avec Marie, nous supplions Dieu pour la guérison des malades, pour la paix de l’âme des morts. Avec Marie, mère de l’Espérance, nous patientons dans la paix attendant l’avènement de jours plus faciles tout en rendant grâce à Dieu pour cette retraite spirituelle imposée mais qui devient un chemin de sainteté. En ce samedi, préparons nous à la semaine sainte et à la fête des Rameaux.

Maintenant je vous bénis au Nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

Et nous nous confions à la prière de la  Vierge Marie, avec l’angelus :

V. L’ange du Seigneur apporta l’annonce à Marie

R/ Et elle conçut du Saint-Esprit.

Je vous salue Marie, ….

V. Voici la Servante du Seigneur

R/ Qu’il me soit fait selon votre parole.

Je vous salue Marie…

V. Et le Verbe s’est fait chair

R/ Et il a habité parmi nous.

Je vous salue Marie…

V. Priez pour nous, sainte Mère de Dieu

R/ Afin que nous soyons rendus dignes des promesses du Christ.

Prions :

Que ta grâce, Seigneur, se répande en nos cœurs. Par le message de l’ange, tu nous as fait connaître l’Incarnation de ton Fils bien aimé, conduis-nous, par sa passion et par sa croix jusqu’à la gloire de la résurrection. Par le Christ, notre Seigneur.

R/ Amen.

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Une bonne nouvelle à ajouter : notre messe des Rameaux et celle du dimanche de Pâques à 11h comme nos célébrations des jeudi, vendredi et samedi saints à 20h seront retransmises depuis la cathédrale, toutes sur Radio Grand Ciel, mais aussi en video sur le site du diocèse, sur chartres.live, sur le canal 346 de la Box Orange, et le canal 369 de la box Bouygues. Ces informations, et d’autres encore pour les retransmissions, sont à retrouver sur le site du diocèse de Chartres.

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