Message de Monseigneur Christory – Vendredi 16 Octobre

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« Je suis venu pour qu’ils aient la vie et la vie en abondance » (Jn 10,10)

La Vie est offerte, elle est toujours un cadeau. Aujourd’hui existe un discours politique et médiatique qui enferme les personnes pour leur faire admettre comme vraies de profondes incohérences. Par exemple, quand Chloé du planning familial déclare sur les ondes qu’à 14 semaines « l’avortement n’enlève pas la vie mais en sauve une », on mesure l’importance de cette incohérence. Le petit être niché au creux du ventre maternel ne serait-il pas un être vivant ? Quand commence la vie ? Ne devrait-on la considérer qu’en fonction du projet social que la société lui reconnaît ? Si l’enfant dans le sein maternel n’est pas considéré comme un être humain, sa suppression, son élimination peuvent être justifiées par le pouvoir.

Parmi les hommes qui exercent un pouvoir, notamment dans le domaine politique, certains peuvent avoir l’orgueil de penser qu’ils créent un monde nouveau. « Si Dieu n’existe pas, tout est permis. » disait Dostoïevski. Dans les faits, l’ultra libéralisme au service de l’argent et du pouvoir prétend souvent construire notre monde et transforme la vie en un bien marchand. Mais un vote majoritaire ne garantit pas toujours la vérité ou même la justice. Le vote majoritaire oblige la minorité au silence. Aujourd’hui, vouloir s’opposer à l’avortement est tout simplement une position inaudible pour les médias et combattue ou impossible dans l’espace du débat politique. L’élargissement des délais pour avorter crée une mentalité abortive de plus en plus banalisée. L’avortement est devenu un droit, un « soin » remboursé. Comme elle est loin l’époque de la loi Simone Weil qui, tout en légalisant l’avortement, reconnaissait qu’il est un drame et qui encourageait toute association qui offrirait la chance à la maman de garder son enfant ! La « culture du déchet », terme du pape, est prégnante. Culture de mort, elle ne procure pas le bonheur à ceux qui le recherchent. Elle ne peut que conduire à des formes d’indifférence et de désintérêt pour ceux qui souffrent, et sont considérablement amplifiées par un individualisme galopant. « Ce n’est pas mon problème » me disait un homme au sujet de deux jeunes vivant dans la rue, « je ne les vois pas ! » Aujourd’hui, face aux lois touchant la bioéthique, beaucoup considèrent que ce n’est pas leur affaire. Or notre modèle de société est en jeu.

L’Église catholique est minoritaire devant cette tempête. Elle constate que les victimes sont d’abord les femmes qui souffrent de savoir que leur petit enfant a été éliminé dans leur sein maternel. Leurs larmes sont silencieuses et ignorées, voire jugées indécentes. L’autre victime est cet enfant qui n’a rien demandé à personne et qui, comme tout être vivant, aspirait à vivre. Nous espérons en la fraternité pour tous. Or celle-ci n’existera que si elle englobe tous les êtres humains depuis la conception dans le sein maternel jusqu’à la fin de vie naturelle. Si cette fraternité n’est pas ouverte à tous alors l’égalité et la liberté resteront un vœu inatteignable.

Face au défi de l’indifférence, la parole du pape François arrive à point nommé. Aussi, continuons la lecture de son encyclique appelée Fratelli tutti ce qui signifie « tous frères ». Nous avons parlé dans le message précédent de l’amitié sociale que les peuples, les nations ou les groupes humains susciteront par un rapprochement des idées et des cœurs. Cela nécessitera le choix d’un dialogue ouvert à l’écoute authentique des autres pour entendre leur point de vue et se laisser traverser par leur compréhension différente. Ce choix exigeant demande du courage et de la bienveillance mutuelle. Mais il n’oblige pas à la pensée unique ! Un dialogue vrai ne peut s’entendre que dans l’acceptation de la diversité d’idées.

Le pape nous donne un texte puissant que les médias ont salué en parlant de la couleur politique et sociale de ses propos. L’Église a toujours incarné sa foi en Jésus-Christ par un engagement auprès de tout homme et des tous les hommes, autant qu’elle a pu le faire, par les soins, l’accueil et l’éducation. Par exemple, en Eure-et-Loir, le père Louis Chauvet, constatant en 1696 que les jeunes filles de la Beauce ne bénéficiaient d’aucune scolarité, ouvrit une classe dans la cave de son presbytère animée par quelques femmes bienveillantes. Celles-ci seront les premières de la magnifique congrégation des sœurs de saint Paul de Chartres, toujours actives dans le monde entier pour l’éducation des pauvres.

Le pape François nous invite à méditer la parabole du bon Samaritain. Pour rappel, celle-ci décrit la violence faite par des brigands envers un homme juif qui git dans le fossé. Passent un prêtre et un lévite expert de la loi de Moïse, qui tous les deux se détournent du pauvre blessé. Arrive un voyageur samaritain qui lui prodigue les premiers soins. Puis il le mène sur sa monture à l’auberge. Là il le confie à l’aubergiste en lui payant à l’avance les frais. Finalement, Jésus valorise la charité de ce samaritain mal aimé des juifs, qui s’est fait le prochain de ce blessé. Jésus enseigne qu’être homme, c’est prendre soin des personnes souffrantes quelles que soient leur origine ou leur religion. Partant de cet exemple, le pape affirme la vocation de tout homme à prendre soin d’autrui car nous sommes liés par une commune humanité : « nous avons été créés pour une plénitude qui n’est atteinte que dans l’amour. Vivre dans l’indifférence face à la douleur n’est pas une option possible ; nous ne pouvons laisser personne en marge de la vie » (n°68) Le bon samaritain est une « icône éclairante » pour notre monde.

L’histoire se répète. Notre société civilisée laisse de nombreuses personnes au bord du chemin. Les blessures sont multiples mais bien présentes. Pour le pape, il n’y a que deux types de personnes, « celle qui passe son chemin et reste indifférente à l’homme blessé et celle qui prend en charge la douleur ». C’est face à celle-ci que les masques tombent. « Allons-nous nous pencher pour toucher et soigner les blessures des autres ? Allons-nous nous pencher pour nous porter les uns les autres sur les épaules ? » (n°70) Certes, la puissance politique, tant nationale que locale, a sa partition à jouer. Certes, beaucoup de choses sont accomplies dans le domaine social notamment, y compris par nos institutions. Mais il nous faut aller plus loin et il en va de notre responsabilité personnelle : chacun de nous peut ouvrir son cœur et aller vers l’autre.

Aussi, nous-mêmes avons un choix à poser. Nous pouvons nous dire qu’il nous est impossible de changer les choses. Seul, cela est sûrement vrai. Si vous ne vous en sentez pas capable, j’aimerais citer Jessica Cox, jeune femme née sans bras, qui pilote des avions ou encore fait du surf, cela sans aucune prothèse, juste avec ses pieds. Elle dit « ôtez vos prothèses », celles qui vous encombrent le cœur et agissez. Dans une partie de l’encyclique nommée « recommencer » le pape ouvre une voie d’humanité. Il parle de coresponsabilité en vue d’une transformation du cœur. Il existe une nouvelle opportunité, dit-il. Cet espoir est lié d’ailleurs avec l’écologie intégrale qui a comme fondement les quatre relations fondamentales d’un vie juste : avec soi, avec les autres, avec la nature et avec Dieu. Les défis sont considérables mais si nous nous associons, si nous conjuguons nos efforts, si nous entrons dans une culture profonde de l’altérité, nous pourrons beaucoup plus que si nous restons isolés. D’un seul cœur et ensemble, nous réaliserons des projets que personne ne ferait seul pour rejoindre l’humanité blessée. Dans notre diocèse de Chartres qui couvre tout l’Eure-et-Loir, nous avons institué une Diaconie – ce mot signifie service – dont la raison d’être est de se connaitre entre acteurs de la solidarité pour pouvoir associer nos prières et nos talents concrets afin de répondre aux besoins des plus pauvres.

La parabole du Bon Samaritain est toujours d’une pertinence merveilleuse. La foi en Jésus-Christ qui s’est fait homme pour partager notre condition humaine et vivre notre quotidien invite à lever les yeux vers le Royaume et à nous soucier des frères et sœurs dans le besoin. Chacun peut faire ce pas, avec le soutien de nos communautés. En ce mois missionnaire, j’émets le vœu que notre charité se fasse inventive et simple. Bonne route à chacun.

 

Avec la Vierge Marie, confions ce temps missionnaire d’octobre et livrons-nous à l’Amour.

 

Maintenant je vous bénis au Nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

Ensemble, prions l’Angelus.
V. L’ange du Seigneur apporta l’annonce à Marie
R/ Et elle conçut du Saint-Esprit.

Je vous salue Marie, ….

V. Voici la Servante du Seigneur
R/ Qu’il me soit fait selon votre parole.

Je vous salue Marie…

V. Et le Verbe s’est fait chair
R/ Et il a habité parmi nous.

Je vous salue Marie…

V. Priez pour nous, sainte Mère de Dieu
R/ Afin que nous soyons rendus dignes des promesses du Christ.

Prions :
Que ta grâce, Seigneur, se répande en nos cœurs. Par le message de l’ange, tu nous as fait connaître l’Incarnation de ton Fils bien aimé, conduis-nous, par sa passion et par sa croix jusqu’à la gloire de la résurrection. Par le Christ, notre Seigneur. AmeN
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Le Denier de l’Eglise plus que jamais est nécessaire. Nos recettes habituelles (quêtes, dons, denier, casuel, etc.) ont chuté de 30 % sur les huit premiers mois de 2020, soit 650.000 euros en moins par rapport à 2019. Aussi, je vous appelle à devenir ambassadeur du Denier auprès d’amis !! Osez… et Merci de tout coeur à chacun de vous. 
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