Barjouville

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L’église de Barjouville, sans transept, ne comprend qu’une nef prolongée par un chœur plus étroit. Le mur nord de la nef, avec trois petites fenêtres en plein cintre, daterait du 13ème siècle. Mais ce plus ancien sanctuaire fut incendié, ainsi que de nombreux autres de la région, par les mercenaires de l’armée huguenote le 15 mars 1568 lorsqu’ils durent lever le siège de la ville de Chartres, pour cause de trêve, alors qu’ils étaient sur le point d’y entrer par une brèche faite près de la porte Drouaise.

La reconstruction dura près de trente ans (le village était pauvre) et se termina par l’installation de la cloche, fondue en août 1598 ; c’est l’une des plus anciennes du département. Au sud, la nef est éclairée par trois baies de tailles différentes et le chœur par deux autres. Le chevet, plat, comporte trois baies en plein cintre munies de vitraux posés par les ateliers Lorin en 1873 et représentant le Sacré-Cœur, saint Jacques le majeur et saint Laumer. Dans l’une des baies du chœur, des fragments de vitraux ont été regroupés en deux panneaux carrés, l’un représentant saint Nicolas et les trois enfants sauvés du saloir et l’autre, sans doute, saint Christophe portant l’enfant Jésus sur ses épaules pour franchir la rivière. À noter deux statues de saint Jacques qui pourraient être du 16ème siècle et un saint Léonard, malheureusement recouvert d’un badigeon marron.

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Trois bâtons de procession portent des statues de style naïf de la Vierge, de saint Jacques et de saint Christophe. Enfin un grand tableau, qui était accroché au fond de l’église, est actuellement en restauration. Il s’agit d’une copie, vraisemblablement du 17ème siècle, d’une « Vierge à l’Enfant avec Sainte Anne » de 1610 de Carlo Saraceni dont l’original est au musée national de Rome (palais Barberini). Des travaux devraient prochainement avoir lieu pour sécuriser le toit et le clocher et enlever le faux-plafond qui dénature les proportions intérieures de l’église.

 

Horaire des messes

Saint Jacques le Majeur

L’église de Barjouville est dédiée à saint Jacques le Majeur. Jacques était le fils de Zébédée et de Marie Salomé, et le frère de Jean. Alors que les deux frères étaient en train de réparer leurs filets au bord du Lac de Tibériade, Jésus les appela. Ils le suivirent, devenant ainsi, avec Pierre et André, ses premiers disciples. 

Selon la tradition, Jacques serait parti annoncer la Bonne Nouvelle en Espagne mais sa prédication y aurait été un échec. Il serait alors revenu en Palestine où il fut décapité par l'épée aux alentours de 41-44. Il fut ainsi le premier apôtre à verser son sang pour le Christ. Les disciples de Jacques le Majeur auraient recueilli sa dépouille mortelle pour la déposer dans une barque qui aborda en Galice. Son corps fut enterré dans un « compostum » (c'est à dire : un cimetière ; telle est l'une des étymologies du nom de "Compostelle"). 

Il resta ignoré jusqu'à ce qu'au début du IXème siècle, le 25 juillet 813, une étoile vienne indiquer à un ermite l'empla-cement de la sépulture (autre étymologie possible de Compostelle : le champ de l’étoile). Alphonse II le chaste, roi des Asturies, érigea à côté du tombeau une église et un monastère et c'est autour de ces édifices primitifs que naquit "saint Jacques de Compostelle". Il est possible que Barjouville ait été le point de départ d’une étape sur le chemin de saint Jacques, après un arrêt des pèlerins au sanctuaire de Chartres. 

Une carte du 18ème siècle men-tionne l’emplacement d’une « croix pèlerine » à la sortie du village sur la route de Loché. Au-jourd’hui, l’association jacquaire de Chartres perpétue la tradition en faisant une halte avec les pèlerins à l’église de Barjouville puis en les accompagnant aux limites de la commune pour leur souhaiter bonne route au cri de « Ultreia !», le salut de ralliement sur le chemin de saint Jacques.

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