Fresnay-le-Comte

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Le plus ancien document qui fasse mention de l’église Saint-Martin de Fresnay le Comte est la charte de Regnaud de Mouçon, Evêque de Chartres, portant confirmation des possessions de l’Abbaye de Marmoutier, près de Tours.

Cette charte ne date que des dernières années du XIIème siècle, mais la fondation de l’église était peut-être déjà ancienne à cette époque. On sait peu de choses sur l’histoire de la paroisse. Au XIIIe siècle, on lui attribuait 80 paroissiens, c’est-à-dire 80 chefs de famille ; au XVIIIe siècle, 240 communiants. Le maximum de la population -450 âmes- paraît avoir été atteint vers le milieu du siècle dernier. La paroisse a toujours été administrée par un curé, aidé parfois d’un vicaire. Le curé était présenté par le prieur de Saint-Martin-au-Val, puis après la suppression de ce prieuré, par les moines de Bonne-Nouvelle d’Orléans.

L’église comprend deux parties de dimensions à peu près égales et d’époques différentes. La partie la plus ancienne correspondant à peu près à la nef est d’un style peu caractérisé. Le portail ouest, avec son arc brisé sans aucune décoration, peut remonter au XIIe ou au XIIIe siècle ainsi que la première fenêtre de la nef à droite. Dans le mur nord existe une petite porte murée, dont le linteau, orné d’une accolade, n’est pas antérieur au XVe siècle, mais l’arc de décharge qui la surmonte paraît plus ancien, du XIIe siècle peut-être.

La moitié est de l’église, comprenant la presque totalité du chœur, est d’une époque plus récente. Le plan de chevet à pans coupés, les fenêtres avec leur remplage flamboyant d’un dessin tardif, accusent l’extrême fin du XVe siècle ou la première moitié du XVIe. Une inscription sur un des entraits du chœur donne une date précise (en langage usuel) : « l’an mil cinq cent vingt-neuf, ce chœur fut fait tout neuf ». Il y avait sûrement une fenêtre dans l’axe de la construction, elle est aujourd’hui dissimulée par le retable du maître autel et la sacristie moderne construite derrière l’abside. Une fenêtre semblable à celles du chœur fut refaite ou percée dans le mur méridional de la nef.

Les sablières du chœur sont ornées de sculptures décoratives intéressantes représentant des branchages, des animaux… C’est sans doute à l’occasion de ces travaux du XVIe siècle que l’église fut consacrée, comme en témoignent les croix accompagnées de chandeliers en fer distribuées autour de l’église.

Les charpentes, aussi bien celle de la nef que celle du chœur sont anciennes et paraissent dater du XVIe siècle.

Le clocher, comprenant une souche octogonale surmonté d’une flèche, s’élève sur le faîte de la nef, un peu en arrière de la façade ouest ; il est en charpente couvert d’ardoises comme un bon nombre d’églises rurales, il repose sur une sorte de pont supporté à l’intérieur de la nef par des poutres posées verticalement contre les murs. Une inscription en belles capitales ornées sur la 3e poutre verticale du côté du midi nous donne la date : 1514. Mais toute la partie haute du clocher a été refaite moins d’un siècle après la construction

De nouveau restauré après avoir été foudroyé en septembre 1930, le clocher renferme deux cloches :

La plus grosse, nommée Antoine-Pétronille, fondue en 1759 pèse 423 kg. Décor : A l’ouest : un crucifix avec une femme agenouillée au pied.A l’est : une sorte d’écusson du fondeur : LORRAINE Nicolas.

La petite nommée Alphonsine Laurence, fondue une première fois en 1865 à Dreux, puis en 1968, à la suite de travaux, par la maison Bollée d’Orléans, pèse 296 kg. Son décor est composé de végétaux stylisés, d’une croix et de la Vierge.

Quelques objets mobiliers :

Le retable du maître autel avec ses statues de saint Martin et de saint Eutrope, paraît d’époque Louis XIV. Le tableau qui l’ornait primitivement est perdu.
Le banc d’œuvre avec son baldaquin soutenu par des figures en buste paraît du XVIIe siècle ainsi que les boiseries du sanctuaire. Plus récentes sont celles du chœur et de la nef qui portent la date de 1772.
La chaire peut remonter à la même époque.
Le crucifix supporté par un entrait est ancien ainsi que la statue de Saint Eloi (XVIe siècle ?) pourvu d’une crosse évoquant son épiscopat et d’un marteau rappelant qu’il avait exercé le métier d’orfèvre, (il est donc le saint patron par les artisans métallurgistes : forgerons, maréchaux, serruriers).
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Horaire des messes

Saint Martin

Cet européen avant l'heure, symbole de la valeur universelle du partage, naquit en 316, à Savaria, en Pannonie (actuelle Hongrie) de parents païens. Il passa sa jeunesse à Pavie, en Italie, où son père était militaire dans l'armée romaine. Vers l'âge de quinze ans, il fut enrôlé de force dans l'armée romaine, et fit son service dans la cavalerie.

En 337, en garnison à Amiens, en France, il partagea la moitié de son manteau pour la donner à un pauvre qui mourait de froid. Il eut alors la révélation de la foi et se convertit au christianisme. C'est pourquoi Martin décida alors de quitter l'armée. C'est en 356, à Worms, en Allemagne, qu'il en obtint l'autorisation. Il se mit alors au service d'Hilaire, évêque de Poitiers, en France, qui le forma et lui confia la fonction d'exorciste. Parti retrouver ses parents dans sa Pannonie natale, il convertit sa mère ; mais son père refusa. Il s'installa ensuite à Milan, en Italie, pour essayer de retrouver Hilaire, alors en exil. Chassé de Milan, il partit s'isoler pour un temps sur l'île de Gallinaria, sur la côte ligure. Puis, il revint en France pour rejoindre Saint Hilaire; sur les conseils de celui-ci, Martin s'installa comme ermite près de Poitiers, et fonda le monastère de Ligugé, premier Monastère d'Occident.

Enlevé par les Tourangeaux qui voulaient en faire leur évêque, Martin fut élu évêque de Tours le 4 Juillet 371. Il créa le monastère de Marmoutier, près de Tours, et fonda les premières églises rurales de la Gaule. Saint Martin mourut le 8 novembre 397 à Candes-Saint-Martin et fut enterré le 11 novembre à Tours.